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Mise à jour : 2 avril 2014

Haiti : une mobilisation forte des assos de Montpellier

mardi 19/01/2010 - mis à jour le mercredi 20/01/2010

A Montpellier comme ailleurs, l’émotion est grande suite au séisme qui a ravagé Haïti, il y a 6 jours. Mais la mobilisation et la solidarité se mettent en place peu à peu.
Ce lundi 18 janvier 2010, à 19h, à l’appel de la Ville de Montpellier, des associations humanitaires et de la communauté haïtienne, un rassemblement de soutien à Haïti s’est tenu à la Maison des Relations Internationales.
Rencontre avec quelques unes des associations mobilisées : la Croix Rouge, le Secours Catholique... Sans oublier de petites associations locales comme les Amis des enfants d’Haïti, ou Energie Paillade, qui organisent des appels aux dons et différentes actions pour aider... d’ici.

Un lourd bilan et une aide internationale qui peine à s’organiser

Difficile d’y échapper, difficile de supporter les images dramatiques qui défilent en boucle dans tous les journaux télévisés de France. Il y a 6 jours déjà, un violent séisme a dévasté Haïti. Depuis, le monde a les yeux rivés sur ce territoire des Grandes Antilles. C’est un des pays les plus pauvres du Monde, qui est ravagé régulièrement par les cyclones, les inondations et les tremblements de terre. Ses habitants vivent avec moins d’1 euro par jour et 70% de la population est regroupée dans la capitale Port au Prince, qui a été littéralement détruite par le tremblement de terre.

Selon les dernières estimations, le nombre de 200 000 morts pourrait être atteint. Sans parler du million et demi de sinistrés, qui sont sans abris. Au fil des jours, le bilan risque encore de s’alourdir.

L’aide internationale (plus d’une trentaine de pays) est arrivée enfin, mais la mise en place des premiers hôpitaux de campagne, le sauvetage des survivants, et la distribution de nourriture et d’eau sont rendus difficiles par le climat de colère, de peur et d’incompréhension des populations. De nombreuses émeutes éclatent, chacun lutte pour sa survie. Alors, la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah) soutenue par la police haïtienne, circule sur les grands axes, pour évaluer les dégâts et assurer la sécurité à la fois des survivants et des secouristes. Malheureusement l’étendue du désastre est telle qu’ils sont débordés, même si lentement, une coordination et une logistique communes semblent se mettre en place, sous le leadership contesté des Etats-Unis.

Et à Montpellier ?

A Montpellier, nous sommes nombreux à nous poser la même question : comment aider ? C’est pourquoi ce lundi 18 janvier, une centaine de personnes s’étaient réunies à la Maison des Relations Internationales, pour ensemble s’organiser et proposer des projets pour soutenir la population haïtienne.
Plusieurs associations étaient présentes, mais aussi des membres de la communauté haïtienne, et de simples citoyens, touchés par ce drame et désireux d’aider d’une façon ou d’une autre.

A la délégation locale de la Croix Rouge de Montpellier, route de Mende, la mobilisation est totale. De nombreux bénévoles répondent au téléphone. Ils ont reçu de nombreux appels pour des dons ou "pour faire quelque chose, agir d’une façon ou d’une autre". Les donateurs sont aussitôt redirigés vers le centre d’appel de la Croix Rouge Paris, qui centralise les dons. Richard Jens, président de la délégation départementale de l’Hérault, explique : "on a reçu beaucoup d’appels de personne qui veulent se rendre sur place pour aider, mais ils ne sont pas formés et pour l’instant nous avons déjà des équipes spécialisées sur le terrain. Je sais que c’est frustrant pour les gens, mais ce dont nous avons besoin pour le moment, c’est de fonds. Pour la reconstruction du pays, il y aura par contre sans doute besoin de volontaires." Et d’ajouter : "Nous menons l’opération de façon bilatérale avec la Croix Rouge Haiti, dont tous les volontaires sont sains et saufs. J’étais particulièrement inquiet car je les ai formés à l’international il y a quelques mois, avant qu’ils ne partent."
Cette association, présente depuis 13 ans à Haïti, donne la priorité dans un premier temps à l’eau et à la prise en charge des personnes. Elle a envoyé jeudi 14 janvier, un nouvel avion pour aider ses équipes déjà à pied d’œuvre.

Le Secours catholique collabore étroitement avec ses partenaires Caritas et en particulier Caritas Haïti dont les membres interviennent sur place, mais aussi avec les délégations de Guyanne, Martinique et Guadeloupe, plus proches géographiquement. Au niveau local, des appels aux dons vont être lancés dans les paroisses. Une petite équipe à Paris s’est rendue sur place, et fait un résumé quotidien de l’état de la situation. Micheline Gojon, présidente d’une délégation dans les Alpes de Haute-Provence, ajoute "Dans un premier temps, c’est priorité à l’urgence, puis dans un second temps, il s’agit pour nous d’une action à long terme. Pour aider à la reconstruction, nous apporteront des produits de première nécessité et d’hygiène. Puis nous favorisons l’économie locale via le commerce local, les transports locaux..."

Au cours du débat, les témoignages poignants se sont succédés, poèmes, discours de soutien, informations sur le parrainage d’enfants haïtiens, ou simples remerciements. Comme ceux d’un étudiant haïtien qui évoque pudiquement "plusieurs amis d’enfance disparus." Il ajoute : "Un grand merci à vous tous d’avoir une pensée pour eux, tous les Haïtiens sont touchés par la solidarité internationale". Mais il déplore "le manque de visibilité de Haïti dans les médias, hors catastrophe de ce genre, et le fait qu’il y ait si peu d’investissements étrangers et français dans ce pays."

50 000 euros versés par la Ville

Hélène Mandroux et son adjoint au rayonnement international et co-développement, Jacques Touchon étaient également présents. Mme le maire explique que ce rassemblement "est une réaction humaine de solidarité."Quant à l’implication de la mairie, elle ajoute "qu’une subvention de 50 000 euros va être allouée à une association internationale qui sera chargée de redistribuer l’argent, comme ce fut le cas lors du tsunami. Une réflexion est également menée afin de participer à un projet de reconstruction d’école sur place."

L’émotion est grande dans la salle et l’envie de faire quelque chose d’aider, d’agir, est palpable. Un homme, auto-entrepreneur propose ses services pour organiser des soirées dansantes à toutes les associations qui le désirent, pour récolter des fonds. Le tout gratuitement. Mohamed Oujebour , le président de l’association Energie Paillade, visiblement touché, ajoute : "Dans les quartiers populaires, nous voulons aussi nous mobiliser. On va essayer d’organiser un repas pour récolter des fonds".
D’autres échangent des numéros, des contacts à l’image du président de l’association Les amis des enfants d’Haiti., Bénédique Paul. Cet haïtien d’origine a été particulièrement touché par le drame, puisque ses proches vivent à Port au Prince : " Dans les provinces ça va, on a des nouvelles, mais à Port au Prince c’est plus dur d’en avoir, même si on a des membres de l’association sur place pour nous renseigner. Je peux d’ailleurs peut-être aider si certaines personnes veulent retrouver des gens sur place". Dès l’annonce du séisme, il a lancé un appel au don sur le site de son association qui fonctionne sur un système de parrainage d’enfants. Son idée du débat est simple : permettre aux gens de participer, de donner des idées et de les développer via l’association. Déjà, un vernissage est prévu ainsi que deux concerts de solidarité avec différents artistes : le jeudi 21 janvier dans une salle généreusement octroyé par la municipalité de Baillargues. Et le week-end du 23 et 24 janvier, la municipalité de Montpellier mettra à disposition de l’association une salle pour un nouveau concert de soutien. (dates, heures et lieux à confirmer sur leur site.)

L’important maintenant va être de réinventer ce pays totalement dévasté. Et de ne surtout pas relâcher la mobilisation, une fois que les caméras seront éteintes, et remettront sous les projecteurs le débat sur l’identité nationale. Haïti n’est en effet sous les feux de la rampe que lorsqu’il est ravagé par une catastrophe ou une autre. Pourtant, outre son extrême pauvreté, ce pays des Caraïbes abrite une culture très riche et surtout un lien spécial avec la France que peu connaissent...Un pays qui mérite d’être connu et reconnu par tous, médias en tête, même lorsqu’il n’est pas frappé par un séisme de magnitude 7.

Si vous souhaitez faire un don, proposer un projet, une idée, ou soutenir d’une façon ou d’une autre les associations citées dans cet article, il suffit de cliquer sur le lien hypertexte qui vous amène directement sur leurs sites internet.
Merci pour eux.

titre documents joints

  • info document (JPEG - 1.5 Mo)

    Le président des Amis des Enfants d’Haïti

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    Un citoyen lisant un poème pour les morts d’Haïti

  • info document (JPEG - 1.5 Mo)

    Un étudiant haïtien, remerciant l’assemblée

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5 réactions

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  • Haiti : une mobilisation forte des assos de Montpellier

    21 janvier 2010 18:32, par Marie G

    repondre message

    N’avez vous pas de rédacteur en chef pour contrôler et valider vos articles ? Votre excuse est un peu légère.

  • Haiti : une mobilisation forte des assos de Montpellier

    21 janvier 2010 17:24, par Camille Garcia

    repondre message

    L’article a été publié un peu trop rapidement, avant que je n’ai pu effectuer les modifications nécessaires.
    Dans mon entourage beaucoup ont eu la même réaction que vous, une erreur de débutante que de vouloir mêler deux évènements qui n’ont rien à voir...J’avais donc décidé de changer cela avant publication, mais une manipulation un peu rapide et l’article a été publié.
    C’est en guise de bonne foi que vos commentaires ont été publié, et pour montrer que contrairement à ce que vous dites, nous ne censurons pas les commentaires, même les plus critiques.

  • repondre message

    Super journal celui où les journalistes coupent de morceaux de leur article parceque le commantaire leur déplait !!!
    que vient faire celui que j’ai écrit il y à quelques jours si vous enlevez la partie en question ( sur l’identitée nationnale )pour conclure votre article sur Haïti !!!
    Pour du vrai journalisme il y à du boulot !!!enlevez aussi les avis comme ça tout sera bien lissé et à votre convenance
    mon avis n’est ni difamatteur ni insultant j’espére que vous le mettrez en ligne de même que le paragraphe que vous avez enlevés, il faut avoir le courage de ses écrits !

  • repondre message

    bon article dommage qu’un apparament parti pris contre le débat sur l’identité nationale soit mis sous VOS projecteurs au milieu des ravages de cette cathastrophe , ne mélangez pas tout !

  • repondre message

    Merci pour ces informations. Il n’est pas toujours facile de savoir à qui s’adresser pour aider dans ces cas-là...
    Juste une chose que je ne comprends pas à la fin de votre article : la référence au débat sur l’identité nationale... elle n’a pas trop sa place ici. Pourquoi tout ramener à cette question. Parlez des Haïtiens oui, Sarko on s’en fou... Les pauvres victimes les premières...

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