Entre les murs du squat de la Providence

lundi 20/11/2017 - mis à jour le 06/12/2017 à 16h06

Dans le centre historique de Montpellier, une ancienne maison de retraite, devenue « squat humanitaire  », garantit un toit à quelques poignées de sans-abri. Parmi eux, des familles et étudiants en grande précarité.

Ils seront 70 sans-abri à passer l’hiver au chaud. Ils le doivent en partie à l’action du collectif Rassa - Réseau des assignés en soutien aux sans-abri - dont les militants ont pris possession, à la mi-octobre, des locaux de lʼancienne maison de retraite, rue de la Providence, à lʼabandon depuis 2010. D’une capacité d’accueil de 140 personnes, la bâtisse de 70 chambres réparties sur quatre étages, qui jouxte la fac de Droit et Science Politique fait désormais office dʼhébergement dʼurgence pour les plus démunis.

Et parmi eux, des femmes, des hommes, des jeunes, des seniors, des familles avec de nombreux enfants en bas âge, dont des nouveaux-nés, des étudiants, des étrangers, des Français. Tous en situation de grande précarité.

La trêve hivernale - qui interdit toute expulsion par la force - leur accorde une accalmie de cinq mois. De quoi apaiser des personnes qui pour la plupart alternaient les nuits entre lʼhôtel et la rue, parfois même depuis des semaines.

« L’école de la débrouille »

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Le « squat humanitaire » doit son existence au collectif Rassa - Réseau des assignés en soutien aux sans-abri.

Crédit : © Sounkoura-Jeanne Dembélé

Les différences générationnelles, culturelles et linguistiques coexistent dans ce lieu de vie qui fait la part belle à lʼentraide, le collectif et la concertation. Le squat se veut reposer sur un système égalitaire et démocratique où la parole de chacun est prise en compte dans le processus décisionnel.

Pour lui garantir un fonctionnement optimal, un règlement intérieur a été établi et des assemblées générales sont organisées chaque semaine. «  Pas toujours évident quand on ne parle pas tous la même langue », confesse Jonas*, étudiant montpelliérain et résidant de la première heure.

Mais la vie sʼorganise malgré tout, « lʼécole de la débrouille » comme certains aiment à dire. Notamment grâce à un appui associatif précieux : «  Les familles de migrants sont redirigées vers nous par l’intermédiaire de la Cimade qui vient tout juste d’instaurer une permanence. Deux infirmières en tiennent une également. Médecins du monde ne devrait pas tarder à en faire de même. Le plus compliqué pour le moment, ce sont les vivres. On n’en manque. Pâtes, farine, huile, beurre, sel,... tout ce qui est produit de base. Mais on fait comme on peut. Grâce à la récup’ par exemple ».

Cinquante personnes de plus sont encore susceptibles de rejoindre les lieux dʼici la fin de la période hivernale. Un chiffre accréditant le triste constat que les structures d’accueil officielles ne suffisent plus à faire face à une demande endémique. Et malgré les engagements du préfet, Montpellier reste largement dans lʼincapacité d’abriter ses trop nombreux sans-logis.

* Le prénom a été modifié

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