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Mise à jour : 18 novembre 2008

La République bananière de l’Est

Russie : succession de Vladimir Poutine

samedi 01/03/2008

Crédit photo : New York Times

« Pour qui allez-vous voter à l’élection de Medvedev ? » ironisent certains moscovites à la veille d’un scrutin présidentiel dont l’issue ne fait aucun doute. Car demain, dimanche 2 Mars, la Russie va élire Dmitri Medvedev, le dauphin désigné par Vladimir Poutine pour lui succéder au Kremlin.

Crédité de 60 à 80% d’intentions de vote selon les sondages, l’héritier au pouvoir n’a qu’une incertitude : le score final recueilli à la clôture des votes. Un résultat supérieur à 70% témoignerait du soutien unanime du peuple russe à la politique du régime, dont Medvedev incarne la continuité. Pour cela, l’orchestration gouvernementale de l’accession au pouvoir du (non) candidat est rondement menée. Seuls trois autres concurrents ont été autorisés à affronter le prétendant : Vladimir Jirinovski, leader de l’ultranationaliste Parti libéral-démocrate, crédité de 7% des voix ; le communiste Guenadi Ziouganov, crédité de 8% des suffrages au lieu des 29% obtenus en 2000 ; et Andreï Bogdanov, un inconnu sûrement poussé par le Kremlin pour donner une touche pluraliste.

L’évidence. Si les rues de Moscou restent désespérément vides de toute campagne publicitaire ou de slogans présentant les divers candidats, Medvedev est omniprésent sur les chaînes de télévision russe. On peut le voir visiter un village, caresser les têtes blondes d’une école ou s’envoler pour Belgrade, afin d’assurer son appui à la Serbie contre l’indépendance du Kosovo. Pourtant, conforté par l’évidence de sa victoire, le « favori » a boycotté les débats électoraux et refusé de mener une campagne classique. Son temps d’antenne demeure manifestement supérieur à celui de ses trois rivaux réunis.

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Vladimir Poutine donne ses derniers conseils à son successeur

Pour cette présidentielle jouée d’avance, Dmitri Medvedev apparaît déjà sur d’immenses affiches aux cotés de Vladimir Poutine. Le taux de participation ne changera rien aux résultats mais le gouvernement s’assurera d’une bonne mobilisation. Ainsi, l’idée de déplacer les bureaux de vote dans les résidences universitaires sera concrétisée afin d’inciter les étudiants à voter. Lors des élections législatives, déjà, de nombreux étudiants moscovites racontaient comment ils avaient été « invités » à aller voter : discours du recteur, café et gâteaux gratuits, voire certaines propositions financières pour mettre la croix au bon endroit sur le bulletin… Le slogan « Votez pour votre avenir le 2 mars » des rares affiches électorales en devient provoquant. Des résultats qui seront probablement félicités par la communauté internationale. Quid de la transparence ?

  • La République bananière de l’Est

    3 mars 01:21, par Philippe Seguin

    Répondre à ce message

    Ah la Russie, quel pays étrange ! Je vois deux principales raisons à l’énigme russe. Tout d’abord, d’un point de vue économique, le pays se porte bcp mieux qu’il y a une 10aine d’années. Du coup, l’absence de libéralisme politique laisse la population largement indifférente, sans que ça veuille dire qu’elle n’en soit pas consciente. Le système auoritaire ne survit pas que par son autoritarisme mais aussi par ses bonnes performances économiques. Il n’y a que les médias Occidentaux pour faire de Gary Kasparov un porte-parole crédible, vu l’invisibilité du bonhomme là-bas. Qui s’est ému en Russie de l’éviction de son parti des présidentielles ? quasiment personne. Il ne s’agit pas de s’en réjouir, mais la Russie est un pays à part, qui ne possède par la même tradition politique que les pays Occidentaux. Le libéralisme politique y a toujours été pour le moins absent, on ne le trouve donc pas dans la pratique politique mais juste artefactuellement apposé sur la Constitution. Cherry on the cake, avouez qu’ils ont le sens de la forme, la beauté du geste, rien que le geste, quoi de plus beau ? Et puis, autre fait important, la Russie se considère encore comme une superpuissance, et se trouve donc dans un processus de différenciation/définition pour se légitimer en tant que telle. La littérature Russe abonde d’exemples sur la singularité du peuple russe, sur sa mission, sa pauvreté. Ca ne peut être le messianisme à l’américaine mais c’en est un autre, nécéssairement.
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