SEANCE DU JOUR #5 - Radio Kobanî, une réalité qu’on aimerait fiction

mardi 24/10/2017 - mis à jour le 10/11/2017 à 15h09

Une ville détruite, des corps décomposés, ensevelis, la libération, la reconstruction, c’est tout cela et bien plus encore que raconte le docu-fiction Radio Kobanî. Pas de longues explications, ni d’interviews formelles, c’est la voix de Dilovan, jeune journaliste de 20 ans, qui nous guide parmi les ruines.

Le documentaire, projeté au festival du cinéma de Montpellier, revient sur l’histoire récente de Kobané. Ville emblématique du Kurdistan syrien, à la frontière avec la Turquie, théâtre de terribles combats entre l’Etat Islamique et les combattants kurdes entre 2014 et 2015.

La voix mélodieuse de Dilovan Kiko nous prend par la main dès le début du film. Elle parle à l’enfant, qu’elle espère avoir un jour : «  Je vais te raconter l’histoire de ma ville, Kobané. La mienne et celle d’une centaine d’autres ». Une histoire de personnes déchirées, brisées, qui tentent de reconstruire à la fois leurs vies et leur ville. Les plans aériens sont formels : il a plu des bombes sur Kobané. Les pelleteuse à la recherche des cadavres décomposés sont là pour le rappeler.

Mais la jeune journaliste kurde est déterminée à reconstruire. Son émission de radio, «  Bonjour Kobané ! », fait parler les habitants de la guerre, de la vie, de leurs projets, de l’avenir. On la suit dans ses entretiens : réfugiés, combattantes kurdes du YPJ (Unités populaires de défense des femmes), amies, journalistes et artistes répondent à ses questions. Ils se livrent, transmettent leurs cauchemars et leurs espoirs à cette jeune femme, qui a vécu les mêmes horreurs.

Ce documentaire met des images, des sons, des visages, des prénoms, sur une guerre médiatisée mais lointaine. Pourtant Dilovan est loin de nous être étrangère. Elle utilise Facebook, aime flirter avec les garçons, traîner avec ses copines … Mais son vécu stoppe net toute comparaison. Sa meilleure amie est morte, pendue par l’Etat Islamique.

Radio Kobanî du réalisateur Reber Dosky, c’est trois ans de travail, une rétrospective au cœur de cette « sale et violente guerre  ». Et la guerre, « les deux cotés la perdent toujours », confie Dilo’.

Projection jeudi 26 octobre à 18h au Corum, salle Einstein.

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