Portrait

Sabine Torres (dijOnscOpe), indépendante et incorruptible

lundi 20/02/2012 - mis à jour le dimanche 19/02/2012

Fondatrice de dijOnscOpe, premier pure player d’information régionale à devenir payant, Sabine Torres fait figure de pionnière dans le domaine de la presse en ligne locale. Portrait d’une femme qui sait ce qu’elle veut.

« Ne jamais rien lâcher, surtout pas ses valeurs », tel est le leitmotiv de Sabine Torres. Avec son caractère bien trempé, la jeune trentenaire fait figure de teigne dans la presse locale dijonnaise. Et gare à celui ou celle qui se mettra en travers de sa route !

Native du Creusot (Saône-et-Loire), sa formation en lettres modernes et en philosophie ne la prédestinait pas à devenir chef d’entreprise. Passionnée par le journalisme et l’information, elle côtoie le milieu de la presse pour financer ses études. En 2008, marre d’être « censurée, contrôlée et modelée », la bourguignonne démissionne de son emploi de salariée au Petit Futé pour se lancer dans la création de sa propre entreprise de presse. Le temps de réunir ses économies et d’obtenir un prêt du Crédit Lyonnais afin de récolter 150 000 euros, c’est en août 2009 que naît dijOnscOpe. «  J’ai décidé le lancement d’un quotidien sur Internet à mon compte pour maitriser ma ligne éditoriale et pour pouvoir faire de l’information en toute indépendance, puisque l’information est pour moi une mission » explique-t-elle du haut de son accent bourguignon.

« La région Bourgogne mérite qu’on traite l’information de manière approfondie »

Dans la géographie de la presse locale dijonnaise, l’audace de Sabine Torres dérange. Optant pour un modèle entièrement gratuit, elle fait l’objet de pression de la part d’annonceurs n’appréciant guère ses articles. Hors de question pour la bourguignonne de mettre de l’eau dans son vin. Elle décide donc de renoncer à la publicité pour passer à un modèle payant en décembre 2011. Pour réaliser ce «  pari fou », elle compte convaincre 400 nouveaux abonnés par mois. « Je préfère me battre tous les matins pour aller chercher des lecteurs plutôt que des annonceurs ».
Et lorsque les journaux Le Bien Public et Le Journal de Saône-et-Loire l’assignent en justice pour détournement de référencement, elle ne se démonte pas. « Bien entendu, je n’ai pas céder. Nous nous sommes retrouvés au tribunal, nous avons gagné et ils n’ont pas fait appel ». Un coup de maître qui aura un retentissement national.

« Nous sommes un quotidien indépendant, indiscret et incorruptible » se plaît à dire Sabine Torres, avouant être « très exigeante » pour défendre ces valeurs. « Un journaliste du Monde qui est venu à dijOnscOpe a dit que j’étais pire que chez eux » s’amuse-t-elle à raconter. Suivant une charte éditoriale stricte, la Creusotine interdit notamment à ses journalistes les cadeaux de presse, les voyages de presse ou encore les déjeuners ou dîners avec les politiques. « J’ai eu des personnes qui n’avaient pas tout à fait la même éthique mais je ne les ai pas gardés. On ne transige pas avec l’éthique. Il n’y a pas de “borderline” à dijOnscOpe : on est soit d’un côté soit de l’autre, et quand on frôle la frontière, on n’est déjà plus à dijOnscOpe ».

Sans censure ni pression, ses journalistes évolue dans « un environnement positif et sécurisant ». Elle encourage notamment à ses collaborateurs d’être « agaçants et persistants » afin « de diffuser l’information malgré les annonceurs, les institutionnels, les publicitaires et les lecteurs eux-mêmes ». La région Bourgogne méritant qu’on « traite l’information de manière approfondie », Sabine Torres est bien décidée à ne rien lâcher.

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